Webinaire en direct avec le Pr Alain Fischer sur la stratégie vaccinale et le rôle des IDE face à la crise

11/01/2022

 

Ce jeudi 6 janvier, l’Ordre National des Infirmiers a organisé une rencontre exclusive en visioconférence avec le Professeur Alain Fischer, Président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale et Patrick Chamboredon, Président de l’Ordre National des Infirmiers. L’occasion pour les 2000 infirmiers connectés de poser leurs questions au responsable de la stratégie nationale de vaccination.

Cette rencontre intervient à un moment crucial, puisque notre pays est confronté à une flambée de cas de Covid, suite à la circulation de plusieurs variants très contagieux, Delta et Omicron. Afin de contrer cette hausse des contaminations, le gouvernement a fait le choix d’accélérer la stratégie vaccinale, dans laquelle est fortement impliquée la profession infirmière. Le Président de l’Ordre National des Infirmiers a rappelé qu’ « au cœur de la démarche d’aller vers les patients sur tout le territoire, les IDE concourent largement, en ville et dans les centres de vaccination, à faire progresser le taux de couverture des Français ».

La mobilisation de l’ensemble des professionnels de santé, et notamment celle des infirmiers et des infirmières, a permis d’atteindre fin décembre 51,7 millions de schémas vaccinaux complets, un taux de couverture (schéma vaccinal complet) de 91% chez les plus de 65 ans et un taux de couverture (schéma complet) parmi les plus élevés d’Europe, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Par ailleurs, le Professeur Alain Fischer a rappelé l’objectif de 25 millions de doses de rappel dans les 5 semaines à venir. 

 

Sommaire :

 

Au-delà du bénéfice personnel, la vaccination génère un bénéfice collectif

 

Selon le Professeur Alain Fischer, la vaccination a deux objectifs. D’abord, la protection est individuelle, puisque la vaccination permet d’éviter les risques de formes graves. 

La vaccination génère également un bénéfice collectif, puisque le vaccin permet de diminuer la transmission de la maladie, et de développer une immunité collective. Ainsi, on parle de solidarité collective, notamment envers les publics fragiles, personnes immunodéprimées et personnes âgées.  

Le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale rappelle toutefois que « les formes graves concernent tout le monde ». Il estime que « bien qu’il soit minime, il existe un risque de développement des formes graves chez les enfants » puisqu’il y a actuellement « 300 enfants âgés de moins de 10 ans hospitalisés pour le Covid en France ». Pour le Professeur Alain Fischer, vacciner les enfants dès l’âge de 5 ans permet de « les protéger eux-mêmes, d’éviter la fermeture des classes et de participer à la solidarité collective en réduisant la circulation du virus ».

 

Un rappel vaccinal pour limiter les formes graves

 

D’après le Professeur Alain Fischer, la vaccination protège contre les formes graves de « 90% à 95% après la primo-vaccination » mais cette protection diminue de « 10 points pour les personnes fragiles après 6 mois ». Cependant, avec le rappel, le niveau de protection de ces personnes fragiles remonte à « 95% par rapport aux primo-vaccinés et à 99% par rapport aux non-vaccinés ». La vaccination réduit donc considérablement le risque d’hospitalisation.

Le Professeur considère qu’il est raisonnable de faire le rappel « à partir de 3 mois après la primo-vaccination puisqu’en moyenne à partir de 5-6 mois après la primo-vaccination, le niveau de protection contre les formes graves diminue à 40% face au variant Delta et à moins de 40% face au variant Omicron ».

 

Le variant Omicron : plus transmissible que les autres mais moins sévère

 

« Concernant la France, nous avons eu le variant Alpha au printemps dernier qui était moins sensible à la réponse immunitaire, puis le Delta qui est né en Inde à l’automne 2020 et qui est nettement plus transmissible que l’Alpha et un peu plus sévère que l’Omicron qui a émergé de l’Afrique du Sud et qui représente 80% des cas de Covid actuel » a rappelé le Professeur Alain Fischer. D’après lui, le variant Omicron « est un peu plus transmissible, moins sensible par la réponse immunitaire induite par le vaccin, mais moins sévère » que les autres.

 De plus, le Professeur Alain Fischer a confirmé que les personnes contaminées par Omicron sont davantage immunisées contre le variant Delta.

 

Bientôt, des traitements pour protéger contre les formes graves

 

D’après le professeur Alain Fischer, à ce stade, « les médicaments qui ont été évoqués comme potentiellement utiles tels que l’hydroxychloroquine et l’ivermectine s’avèrent inefficaces pour prévenir de la maladie et des formes graves ».

En revanche, avec l’apparition du variant Omicron, la recherche sur les traitements se poursuit et les anticorps monoclonaux sont, selon le Professeur, l’alternative la plus avancée. En effet, « les anticorps monoclonaux sont capables de neutraliser le virus ». Le Professeur a expliqué que « cela permettait dans 80% des cas, si le traitement est effectué dans les 5 premiers jours de l’infection, de prémunir du risque d’infections graves. L’autre utilisation c’est la prévention pour les personnes immunodéprimées puisqu’une injection peut suffire pour les protéger pendant plusieurs mois ».

Un autre traitement « est actuellement en train d’être examiné par la Haute Autorité de Santé (HAS) et sera bientôt disponible en France ».

À noter que « ces médicaments ne remplacent pas la vaccination, mais permettent d’éviter des formes graves de la maladie par des traitements courts », selon le Professeur Fischer.

 

Les infirmiers, acteurs clefs de la stratégie vaccinale

 

Selon le Professeur Alain Fischer, il y a encore 5 millions de personnes non-vaccinées, dont 500 000 personnes âgées de plus de 80 ans. Il considère que « la stratégie d’aller vers dans laquelle les infirmiers sont impliqués est vraiment fondamentale ».

 À noter que les soignants seront obligés d’avoir un schéma vaccinal complet, c’est-à-dire 3 doses à partir du 30 janvier afin de pouvoir continuer à exercer leur profession, a indiqué le Ministère.

Concernant les moyens techniques, l’Ordre National des Infirmiers a soulevé des difficultés d’accès aux doses de vaccin pour les infirmiers libéraux. A ce stade, la délivrance de doses de vaccin sans passer par les pharmaciens n’est pas envisagée. En revanche, il existe le dispositif de mise à disposition de seringues individuelles pré-remplies par les pharmaciens, qui permet de faciliter les démarches d’aller vers les patients.

 

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