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Hôpital : la loi du marché, l’absence de voix des infirmier(e)s

30/06/2017

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Paris, le 12 septembre 2017

 

Hôpital : la loi du marché, l’absence de voix des infirmier(e)s

 

Dans le reportage « Hôpital public : la loi du marché »  diffusé jeudi dernier dans l’émission Envoyé spécial (France 2), les infirmier(e)s restent cantonnés à un rôle de « témoins » et de « victimes » de la crise du système de santé. Leurs représentants et leurs propositions restent trop peu considérés.

 

Jeudi dernier (7 septembre), une enquête sur « la loi du marché » à l’hôpital a été diffusée dans l’émission Envoyé spécial de France 2. Le CHU de Toulouse et les groupes hospitaliers du Havre et de Creil - Senlis sont pris pour exemple des dérives de la pression économique exercée sur les établissements publics de santé. « Productivité », « rentabilité », « management », « équilibre budgétaire »… Ces règles d’or de l’entreprise privée s’appliquent désormais… à l’hôpital public. Pour combler le déficit de la Sécurité sociale (6,1 milliards d'euros cette année), l'Etat impose aux médecins, infirmières, aides-soignants ou directeurs de nouvelles méthodes de gestion. A ce chef de service de réanimation, on demande, comme à un cadre du privé, de faire mieux avec moins de personnel et du matériel vieillissant. Ces infirmières, comme des ouvrières à la chaîne, disposent d’un temps toujours plus limité auprès des patients. Le directeur de cet hôpital, tel un patron de PME, tente de convaincre les banques de lui prêter de l’argent pour ne pas mettre la clé sous la porte…

 

L’Ordre des infirmiers dénonce depuis longtemps ce contexte où la rentabilité financière a tendance à prendre le pas sur la qualité des soins et la sécurité des patients. En avril dernier, nous avons rendu public nos « 9 priorités » et échangé avec différentes équipes de campagne des candidats à l’élection présidentielle. Parmi ces priorités : la qualité et la sécurité des soins. Nous demandons notamment « le renforcement des normes pour assurer une bonne prise en charge du patient. Par exemple, en définissant un nombre maximum de patients par infirmier, selon les secteurs d’activité. » Le Mouvement En Marche ! nous a répondu par courrier en rappelant son engagement pour une meilleure « évaluation de la qualité et du service rendu pour les malades ». La qualité des soins dépend notamment des conditions de travail des professionnels de santé :  qu’attend-on pour agir ?

 

L’enquête de France 2 débute en rappelant le suicide d’une infirmière du groupe hospitalier du Havre en juin 2016, reconnu finalement comme « accident de service ». Un an après ce drame, ses collègues estiment être toujours « traités comme des pions ». On donne ensuite la parole à une infirmière en gériatrie qui raconte la rationnalisation des temps de toilette (12 toilettes en 2h45 soit 13 minutes par patient). Plus tard dans le reportage, un infirmier en pédiatrie évoque des doses d’anesthésiques plus fortes que ce qui est nécessaire afin de s’adapter à l’organisation, aux cadences de travail et au départ d’infirmiers expérimentés. Mais les infirmier(e)s restent cantonnés à ces rôles de « témoins » et de « victimes » de la crise du système de santé. Leurs représentants et leurs propositions restent trop peu considérés. Durant le reportage, les questions de fond sont abordés avec des médecins et un directeur d’hôpital, et sur le plateau, c’est le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, qui est l’invité de France 2.

 

Aujourd’hui, on compte plus de 600 000 infirmiers en France. L’Ordre des infirmiers est la seule force de représentation de toutes les composantes de la profession : secteur public et secteur privé hospitalier, en libéral, dans les services de santé au travail ou dans les établissements scolaires. Ces dernières années, notre champ de compétences s’est considérablement élargi. Depuis près d’un an, nous disposons (enfin) d’un code de déontologie propre à notre profession. Au quotidien, nous jouons un rôle à la fois majeur et singulier auprès des patients, souvent au plus proche de leurs besoins.

 

Parmi nos priorités, nous souhaitons notamment :

 

QUALITE ET SECURITE DES SOINS

  • Un renforcement des normes pour assurer une bonne prise en charge du patient (ratios IDE / patient).

 

REPRESENTATION - PARTICIPATION

  • Des infirmiers reconnus pour leur expertise nommés conseillers dans les ministères qui nous concernent : Santé, Education nationale, Travail, Affaires sociales.
  • Des infirmiers présents et dont la participation est réellement prise en compte (par voix délibérative) dans les instances de décision du secteur : Haute autorié de santé, Agence nationale de sécurité du médicament, Agences régionales de santé...
  • Une sollicitation systématique des organes de représentation des infirmiers pour toute décision concernant l'évolution de nos pratiques professionnelles.

 

 

 

 

Adrien de Casabianca

Relations presse

06 30 30 34 84

adrien.decasabianca@gmail.com

 

 

 

Karim Mameri

Secrétaire général

06 21 75 54 59

secretariatgeneral.cnoi@ordre-infirmiers.fr

 

 

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Communiqué du 12 septembre 2017
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