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Journée internationale des droits des femmes : les infirmières en première ligne

08/03/2022

 

Le 8 mars est célébrée la journée internationale des droits des femmes. Elle a pour objectif de mettre en avant la lutte pour les droits des femmes, et notamment la réduction des inégalités femmes/hommes. Elle a été officialisée en 1977 par les Nations Unies.

L’édition 2022 s'inscrit sous le thème de « L'égalité aujourd'hui pour un avenir durable », en reconnaissance de la contribution des femmes du monde entier en faveur de la lutte contre le changement climatique et plus largement pour créer les conditions d’un avenir plus soutenable.

Elle rappelle l’importance de défendre les femmes et l’égalité des sexes dans tous les secteurs d’activité dont les services de santé, d’autant que les femmes ont été en première ligne lors de la crise sanitaire. Selon l’ONU, les femmes ont été premier plan de la lutte contre la Covid-19 « en tant que travailleuses de première ligne et professionnelles de santé, en tant que scientifiques, médecins et pourvoyeuses de soins, mais elles sont pourtant payées 11 pour cent de moins que leurs homologues masculins à l’échelle mondiale ».

 

L’écart salarial, un marqueur persistant des inégalités hommes-femmes, y compris dans la santé.

Fortement féminisée, la profession infirmière n’échappe pas aux enjeux d’égalité hommes-femmes.  Selon le rapport  publié en 2018 par la Dares (la Direction de l’Animation de la recherche, des Etudes et des Statistiques) sur les inégalités professionnelles, la part des femmes approchait les 90 % dans la profession infirmière. Or « les métiers les plus féminisés tendent à être les moins rémunérateurs : en 2012, le salaire horaire net moyen des métiers dits féminins était inférieur de près de 19 % à celui des métiers dits masculins ».

Mais les écarts de rémunération ne s’expliquent pas uniquement parce que les femmes occupent généralement des postes moins qualifiés que les hommes. Les dernières données publiées par la Dares indiquent ainsi que les infirmières et sage-femmes gagnent en moyenne 7% de moins que leurs collègues masculins. Les données publiées en 2019 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sur les salaires dans la fonction publique hospitalière (FPH), montrent qu’à profil identique, le salaire net moyen des femmes est inférieur de 3,6% à celui des hommes.

 

Un enjeu d’accès aux postes à responsabilité et de développement du leadership au féminin

Au-delà, le véritable enjeu est celui de la capacité des infirmières à accéder aux postes à responsabilités et aux rôles décisionnels. En effet, d’après l’OMS, si les femmes représentent 70 % des effectifs dans le secteur de la santé, elles n’occupent que 25 % des fonctions de direction.  

Le plafond de verre touche aussi la profession infirmière, pourtant largement féminisée. C’est ce que révèle le rapport « Investing in the power of nurse leadership » publié en juin 2019 par les associations internationales IntraHealth et Nursing now, dédiées aux enjeux de santé publique. Il s’appuie sur les résultats d’une vaste étude menée dans 117 pays différents (plus d’un tiers venant d’Europe) permettant de mieux comprendre et déterminer les obstacles au développement professionnel des infirmières : croyances socio-culturelles sur le rôle des hommes et des femmes, manque de temps pour tirer parti des différents réseaux professionnels, difficultés à concilier vie personnelle et professionnelle, manque de formation au management et d’accompagnement pour se développer. 

L’Ordre National des Infirmiers réaffirme à l’occasion de cette journée son engagement pour lutter, aux côtés de l’ensemble des professionnels de santé, contre les stéréotypes de genre et favoriser le développement et la reconnaissance des compétences de tous.

 

Références :