La Matinale de l'Ordre #17 : L'infirmier, acteur clé d'une prise en charge globale des patientes atteintes du cancer du sein

02/11/2021

Matinale de l'Ordre

 

« L’infirmier, acteur-clé d’une prise en charge globale des patientes atteintes du cancer du sein »

 

Mardi 26 octobre 2021, à l’occasion d’Octobre Rose, l’Ordre National des Infirmiers organisait une nouvelle Matinale autour du thème « L’infirmier, acteur-clé d’une prise en charge globale des patientes atteintes du cancer du sein ». Sophie Beaupère, Déléguée générale d’UNICANCER, Pascale Dielenseger, infirmière à l’Institut Gustave Roussy et Présidente de l’AFIC (association française des infirmiers de cancérologie), le Dr Benjamin Verret, oncologue à l’Institut Gustave Roussy, Marie-Noëlle Gombert, infirmière de coordination en oncologie médicale à l’hôpital Saint-André (rattaché au CHU de Bordeaux), et Patrick Chamboredon, président de l’Ordre National des Infirmiers, ont participé à cette rencontre. Synthèse des échanges.

 

Les infirmières au cœur de la prévention contre le cancer du sein

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins, et la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. 8 femmes sur 10 peuvent être touchées par un cancer du sein au cours de leur vie. Les infirmières sont doublement concernées, rappelle Patrick Chamboredon : en tant que professionnelles de santé, et en tant que femmes.

Or, 9 cancers du sein sur 10 peuvent être guéris s’ils sont pris à un stade précoce. La prévention est ainsi au cœur de la dynamique d’Octobre Rose :  le dépistage passe par une mammographie tous les 2 ans dès 50 ans, et une palpation annuelle par un professionnel dès l’âge de 25 ans. « La littérature est suffisamment riche pour nous dire « oui, le dépistage systématique organisé du cancer du sein diminue le risque de mortalité par cancer du sein » » insiste le Dr Verret.

Soignant de proximité, l’infirmier est un acteur-clé de la prévention auprès des patientes et de leur entourage, rappellent l’ensemble des intervenants. « Tous les infirmiers sont concernés par le dépistage du cancer du sein », souligne Pascale Dielenseger, qui agit avec l’AFIC pour, en plus de fédérer les infirmières en cancérologie, informer et former la profession à la prévention et à la prise en charge des cancers.

 

Une profession amenée à jouer un rôle dans la recherche clinique

Ces dépistages sont de plus en plus personnalisés. Pascale Dielenseger évoque notamment le programme de détection Interceptions, aujourd’hui centré sur les cancers du sein et du poumon, qui vise à dépister au plus tôt les personnes à risque. Une vaste étude, MyPeBS (My Personal Breast Screening), est également en cours, relatent Sophie Beaupère et Benjamin Verret. Cette étude clinique internationale a pour but de comparer une stratégie de dépistage personnalisée en fonction du risque (basée sur le risque individuel de chaque femme de développer un cancer du sein dans les années à venir) au dépistage standard en vigueur chez 85 000 femmes volontaires âgées de 40 à 70 ans recrutées dans 6 pays : Belgique, Espagne, France, Israël, Italie et Royaume-Uni. Pour plus d’informations sur le programme MyPebs ou pour y participer : https://www.mypebs.eu/fr/

De même, la science et les thérapies évoluent. « Si on devait résumer les 5 dernières années d’innovations en cancer du sein, analyse Benjamin Verret, je mentionnerais l’apparition des néoadjuvants, qui peuvent fortement diminuer les risques de rechute, et les anticorps conjugués ». Intelligence artificielle et data, vont également révolutionner le paysage de la prise en charge du cancer du sein, complète Sophie Beaupère, à condition d’être accompagnées et soutenues par les pouvoirs publics.  Par ailleurs, les délais des essais cliniques sont longs, parce que la cancérologie est une discipline pointue. Ils pourront être raccourcis avec l’entrée en vigueur des spécialisations des Comités de Protection des Personnes (CPP), dont peuvent faire partie les infirmières.

 

Une prise en charge globale des patientes par les infirmières

Les infirmières, IDE ou IPA en cancérologie, sont les professionnelles de santé qui accompagnement la patiente tout au long de son parcours de soins, de l’annonce des résultats à la période de rétablissement, et dans toutes ses dimensions. Au travers des différentes étapes de la maladie, de la mise en place du traitement jusqu’aux effets secondaires tels que la modification des ongles ou la perte des cheveux, « accompagner est un rôle central de l’infirmière en cancérologie, pour aider ces femmes qui sont atteintes dans leur féminité, dans leur chair » rappelle Pascale Dielenseger.

Au-delà de cette prise en charge, les infirmières de coordination (IDEC) ont pour rôle d’accompagner les patientes fragiles ou les cas les plus complexes, ces fragilités étant à la fois physiques, psychosociales, ou dans le cas de parcours pluri-établissement, afin d’éviter toute rupture dans le parcours de soins et d’assurer un lien ville-hôpital. « On essaie d’être un fil conducteur tout au long de leur parcours (…). Elles savent qu’on essaiera d’avancer ensemble. Ce lien peut soutenir certains parcours de soins compliqués » explique Marie-Noëlle Gombert. Enfin, les infirmières, et notamment les IDEL, jouent un rôle de pivot entre la ville et l’hôpital grâce à la connaissance de leurs patientes. « Ce qui préside à une bonne prise en charge, c’est l’interprofessionnalité. Et l’infirmier, dans toutes ses dimensions, concourt à ce qu’il n’y ait pas de rupture ou d’angle mort dans les parcours de soin », conclut ainsi Patrick Chamboredon.

 

L’intégralité des échanges :

 

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